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Après ma découverte des Arbrassons, J'ai recherché un instrument au procedé acoustique équivalent. Grace au musée de l'Homme puis du Quai Branly, je n'en ai découvert qu'un dans toute l'histoire de l'ethnomusicologie,
Un instrument rapporté de Mélanésie en 1932 par le Dr Bulher. Il s’agit d’un instrument rituel spécifique des tribus forestières de l’île de Nouvelle-Irlande, en Papouasie – Nouvelle-Guinée, où il est connu sous les noms de Nunut, Launut, Lunuwat ou encore Livika. Il est désigné comme “idiophone à friction” par les ethnomusicologues ou plus poétiquement « violon des morts ». André Schaeffner, dans sont livre "Origine des instruments de musique", parle d'un "instrument qui est certainement l'un des plus étranges qu'ait inventé l'homme : le nounout, qu'on n'a recueilli jusqu'à présent que dans une seule île de la Mélanésie". Pour en jouer, l’homme s’assied sur le sol et place l’instrument entre ses jambes allongées. Après avoir enduit ses mains de gomme d'arbre à pain, il les frotte à plat sur l’instrument. Selon les témoignages, les sons émis sont perçants et assez effrayant et le morceau joué est lancinant. L'instrument sert dans des rituels funéraires à imiter la voix de l'âme des morts ou l’esprit de la forêt, c’est l’appel du « TOMBUAN ». Ces sons passent soit pour la voix du mort exprimant ses regrets d’avoir quitté le monde des vivants, soit pour celle d’un esprit de mort réincarné. Parfois, l’instrument est caché dans le sous-bois pour imiter la voix du mort cachées derrière le feuillage d’un arbre et réclamant la réparation d’une injustice. Brigitte Derlon, ethnologue spécialiste de cette région, a décrit cette instrument dans son livre « De mémoire et d’oubli » consacré au objets malanggan. Lors d'un voyage en Nouvelle Irlande en 1993, elle a rencontré un vieillard (cf photo) qui était apparemment un des derniers musiciens à être innitié au rituel. Ces technique de fabrication, sa mythologie ainsi que les rituels qui lui étaient associés sont en voie de disparition tout comme la culture et la forêt qui l’avaient préservé pendant des siècles.
Merci à Brigitte Derlon pour ses superbes Photographies
Le dernier des initiés ?

Copy R. : B. Derlon
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